TROIS HEURES DE CURE ANTI-CRISE
Encore du renouveau à la Revue de l’Orphéon. Rires et chansons. Talents et don
de soi. Technicité et fête à tous les étages d’un programme complet et complètement joyeux. Mais comment font-ils donc, hein ?
L’humour, toujours l’humour. Et aussi la chanson et de la belle. Nul doute que « Tell him », interprété par le duo Caroline Marmin – Elodie Forbras, restera dans les annales de notre plus que centenaire revue : un vibrant moment
d’émotion qui lève les poils des bras et amène des larmes de bonheur. Attention kleenex non fournis…
Donc, « La crise de … rire ! ». Et la troupe de l’Orphéon de s’en donner à cœur joie pour
« son » public. Lâchons l’info que chacun avait deviné : Adèle et Fidéline sont de retour. Libérées par l’armée révolutionnaire colombienne (bien heureuse de s’en débarrasser), nos
deux mémères retrouvent les planches du théâtre de l’Orphéon, où elles sont plus qu’indispensables. Autant vous révéler aussi que Fidéline a bien changé. Suite à d’atroces expériences à base
d’hormones menées par les Farc, l’hystérique Fifi a désormais les traits de Mich’ Plateel : il a déjà fréquenté le célèbre jupon par le passé et le retrouve avec une aisance
stupéfiante ! Mais entre Sarko(zy) et Allo(ssery), deux autre stars de cette édition 2009, n’oublions pas les légitimes ( ?) filles d’Adèle et Fido qui, comme celles d’Ingrid
Bétancourt, ont lutté pour la libération de leurs génitrices : Eric Fosse et Jean-Rémy Soots en donzelles… plus délurées
qu’appétissantes.
La traditionnelle scène « du bar » amène également de nouveaux clients, dont Alain Pillisser lui-même à la
place du Rodolphe du même nom, totalement débridé dans le rôle du roi de la brève de comptoir et de l’empereur du café du commerce !
Pour le reste, les quarante bénévoles de la troupe nous offrent un spectacle parfaitement équilibré entre chansons
françaises douces ou déchaînées, danses lascives ou toniques, sketches à se décrocher la mâchoire… Un « Mirza » revisité swing risque fort de transformer le 9.000 spectateurs annuels de
la revue en convertis du gospel, bras en l’air et croupes rythmées, hurlant des alléluias. Faut dire que, question ambiance, « La crise de rire ! » ressusciterait un trader ou un
vendeur de voitures. Entrecoupé de publicités, comme si on en manquait, son programme ne lâche pas l’un de ses principaux objectifs : le rire, et du bien grave, qui « déchire » avec de nombreux dérapages contrôlés – c’est le tact de l’auteur – dans les joyeux excès de l’humour noir et de l’acceptable
provoc’.
Revue ? Oui, car toute l’actu y passe. Têtes de liste : en plus des Sarko et JPA susnommés, ajoutons Ségolène,
DSK, et quelques « régionaux de l’étape » qui en prennent pour leur grade. Ici, on recycle quelques bonnes vieilles blagues. Là, on rallume la sainte guerre des machos contre les bimbos
(de toutes tailles), ou celles des brunes contre les blondes. En têtes d’affiche, Audrey Baude – vu son état, elle doit être dopée, vite un docteur ! – Eric Fosse le polymorphe et Bastien
Soots (carrière de flic naissante). Mais qu’il est risqué d’en citer un sans les citer tous ! Certains décolletés (n’est-ce pas Sandrine) et certains galbes (n’est-ce pas Marie-Reine)
demanderaient plus de précision et… de place sur cette page !
La Revue de l’Orphéon prouve une nouvelle fois sa générosité, son talent et son bonheur à donner du bonheur. Trois
heures exactement, à se marrer, chanter, s’étonner, loin de la grisaille du monde et de ce qu’on voit d’habitude. Techniquement parfait, avec des musiciens en chair et en os, délaissant les gros
effets de scène, conservant son ton décalé et son identité locale, oscillant entre phénomène chti (Brigitte Manten semble contaminée) et boubourseries flamandes (rôle dévolu à la pétillante
Catherine Creton), « La crise de rire », avec ses sensuelles danseuses et ses jeunes talents qui grimpent, gagne une fois de plus son pari de nous emmener au paradis !
L'Indicateur des Flandres